Foi et Vie Chrétienne

2017

été 2017

Vacances et halte spirituelle

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La plage, la montagne, la famille, en province ou à l’étranger, beaucoup d’entre nous, pas tous, vont pouvoir quitter Asnières pour un temps et rejoindre un lieu de vacances et de détente.

Le Seigneur qui nous accompagne toute l’année, ne nous abandonne pas pour autant sur le bord de la route et ne fuit pas la plage cet été, au contraire, Il nous y attend….

Car le temps de repos des vacances est un temps qui peut se vivre de manière tout à fait spirituelle.

Il peut notamment s’agir d’un temps de réflexion pour approfondir sa foi, discerner dans la prière, faire le point avant une décision importante à prendre, un temps de rencontre et même peut-être de réconciliation dans un autre contexte que sa vie habituelle, seul ou en famille.

Mais où et comment le vivre ?

Tout d’abord sur les routes de nos vacances. Toute l’année, des abbayes et des communautés proposent un ou plusieurs jours, une semaine ou un mois, pour partager leur vie et faire une expérience nouvelle au cœur d’une session ou d’un accueil spirituel.

Alors pourquoi ne pas découvrir ces lieux bienveillants que le Seigneur nous propose. Un arrêt sur la route pour une nuit et une matinée de découverte, de prière et de partage, une semaine de retraite. Tout est possible pour rencontrer le Seigneur de manière nouvelle hors de nos vies quotidiennes trépidantes et le laisser prendre soin de nous.

La plupart de ces lieux sont répertoriés dans le guide St Christophe. Ainsi en préparant notre trajet, regardons aussi les lieux d’accueil chrétiens pour les pèlerins de la vie que nous sommes.

Ensuite, une fois arrivé sur nos lieux de détente, notre corps au repos peut aussi devenir l’allié de notre prière. Demandons lui, non pas de tout lâcher ou de tout vivre dans l’agitation, mais à travers une attitude calme et détendue, un rythme respiratoire contrôlé, de nous rassembler, de nous unifier dans l’accueil de la tendresse de Dieu. La véritable intériorité commence avec le recueillement du corps.

C’est ainsi que nos vacances peuvent nous permettre de réintégrer notre terre intérieure et de refaire unité avec notre Seigneur; lui qui est force, paix et tendresse pour chacun.

N’est-ce pas ce dont nous avons vraiment besoin pour notre rentrée ?

Ainsi, notre foi ne sera pas exclue de nos vacances, priée de revenir en septembre, ni une contrainte à notre détente mais bien au contraire la voie du repos en Dieu.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos » (Matthieu 11.28). « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous » (1Pierre 5.7).

Peu importe nos destinations, le Seigneur y sera présent pour nous offrir son repos et sa paix, et c’est un cadeau à ne pas manquer.

Nous pouvons nous adresser à Lui : « Seigneur, qu’attends-tu de moi cette année pour me mettre un peu plus à ta suite ? Qu’ai-je à te déposer avant de repartir ? »

Belles vacances à chacun.

Grégory
 
 

Juin 2017

La puissance de la Présence invisible du Christ

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Avec la fête de la Pentecôte, nous allons rénover le don de l’Esprit Saint en nos vies.

Depuis l’Ascension, nous ressentons comme un vide car nous avons l’impression que le Christ ressuscité n’est plus avec nous et pourtant ne nous a-t-il pas dit en nous quittant : "Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps" ?

Nous entrons dans le temps de l’Eglise qui est cette période où le Christ a rejoint le Père et où nous attendons son retour. Il nous dit comme à ses disciples d’être ses témoins pour construire son Royaume.

L’Esprit–Saint, le Christ l’avait déjà donné à ses apôtres au soir de la Résurrection alors qu’ils vivaient dans le sentiment d’échec et la peur. Il leur permet ainsi de comprendre que le Messie devait souffrir pour entrer dans sa gloire. La Passion n’est plus pour eux une énigme : D’une incompréhensible mort, elle devient un incompréhensible surgissement de vie. Et ils sont dans la paix et la joie. Ils commencent à entrer dans le mystère du salut.

Les disciples reçoivent à nouveau l’Esprit-Saint alors qu’ils sont dans la peine de la séparation du Christ après l’Ascension. Ils deviennent par le don de l’Esprit-Saint la base de l’Eglise toute nouvelle, à charge pour eux d’annoncer les merveilles de Dieu jusqu’aux extrémités de la terre.

Comme le dit la messe de la Pentecôte : "L’Esprit du Seigneur remplit tout l’univers et lui qui englobe toutes choses sait se faire comprendre des hommes de toutes langues".

1. La confirmation est le sacrement qui nous aide à discerner la Présence et à en vivre

Cet Esprit nous le recevons au baptême, mais en plénitude lors de notre confirmation : La confirmation nous donne d’entrer dans cette réciprocité d’amour avec les trois personnes de la sainte Trinité et Dieu se donne à nous pour que nous le donnions aux autres. Nous sommes introduits par l’Esprit dans cette respiration vivifiante par laquelle le Père et le Fils s’aiment éternellement. L’Esprit donne à notre conscience la grâce sanctifiante qui avec ses sept dons, nous permet de pouvoir si nous y consentons résister au mal et au péché.

Par son Esprit, le Christ nous donne de toute éternité la plénitude de la vie qu’il tient du Père et si nous y consentons nous pouvons toujours la recevoir.

L’Esprit Saint passe par l’humilité de nos médiations L’Esprit- Saint nous fait découvrir le Christ par une rencontre, une réflexion, un service rendu Dieu nous murmure : "Veux–tu ?" Mais pour entendre ce "Veux-tu ?", il faut du silence, il faut une béance au cœur, une ouverture. Ainsi la confirmation est le sacrement de l’appel, du discernement. Dans le mystère de l’Esprit, c’est le sacrement de la contemplation et de la prière, car seules les sources remplies peuvent donner de leur eau.

2. L’Esprit nous donne de construire l’Eglise, Corps du Christ

Les Apôtres que désormais réalisent que la proximité avec le Christ se fait par l’Esprit-Saint et c’est à cette nouvelle présence qu’il faut nous appliquer : nous sommes comme les disciples d’Emmaüs, notre intimité avec le Christ grandit lorsque nous acceptons de voir s’évanouir le caractère sensible de sa présence. Le Christ nous ôte les apparences de sa présence que pour nous donner ce qu’il est, la réalité infinie qu’il reçoit de son Père et qu’il nous donne par son Esprit .Et il nous rend capables de participer à la réalité même de Dieu.

Et l’Esprit se manifeste dans le Corps du Christ qui est l’Eglise, et notamment l’Eglise de ce temps. Marthe Robin disait que le concile Vatican II serait pout l’Eglise une nouvelle Pentecôte d’Amour. Préparons nous avec toute l’Eglise de Nanterre, réunie à Colombes à vivre cette fête de Pentecôte tous ensemble avec les 300 confirmands qui recevront l’Esprit-Saint en plénitude.

Gabriel
 
 

Mai 2017

« Crois-tu cela ? »

(Jean 11, 25-26)

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Jésus dit à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jean 11, 25-26).

Dans ce passage de l’Evangile de Jean, Jésus dévoile à Marthe son identité, la nature même de sa personne. Cette affirmation de Jésus est à la fois d’une grande force et tout simplement folie à croire pour l’humanité. Pourtant Marthe n’a pas le temps de réfléchir, elle se fait interroger directement par Jésus : « Crois-tu cela ? ».

Qu’aurions-nous répondu à sa place ? Est-ce que je crois Seigneur que Tu es la résurrection et la vie, que tu es vraiment ressuscité ? N’ai-je pas plus modestement le cœur certes prêt à croire mais avec quelque chose qui résiste toujours et encore en moi ? Ou est-il juste impossible aujourd‘hui pour moi de croire en Jésus ressuscité et à ma résurrection au dernier jour.

La période pascale nous questionne nécessairement à la manière de Jésus et nous invite à nous ouvrir d’une manière nouvelle au mystère de la résurrection.

Dans les faits, nous ne disposons que des témoignages de ceux qui ont vu le ressuscité mais il n’existe aucun témoin direct de la résurrection. Les apparitions de Jésus nous sont rapportées dans les dernières lignes des quatre évangiles et au tout début des actes des apôtres pour décrire l’ascension de Jésus au ciel.

Trois personnes reviennent à la vie dans les Evangiles, la fille de Jaïre (Marc 5, 22-43), celle du fils de la veuve de la ville de Naïm (Luc 7, 11-17) et celle de Lazare (Jean 11, 1-45). Ils ont repris leur vie et puis sont morts une seconde fois.

La résurrection de Jésus est toutefois différente, elle nous est annoncée dans les évangiles comme définitive, annonciatrice de notre résurrection au dernier jour.

Selon les récits, Jésus est entré dans une autre forme d’existence, une vie nouvelle. Il n’est plus vraiment ce qu’Il était avant sa mort et de prime abord, Il n’est pas reconnu, Il se fait reconnaître.

Mais, au-delà de la manière dont nous pouvons envisager la résurrection de Jésus, c’est son effet sur les apôtres, leur transformation complète qui marque et interpelle.

La résurrection les a métamorphosés en entrant dans leur vie : de ces hommes craintifs et désespérés du vendredi, elle fait des hommes hardis qui sortent à la Pentecôte après avoir reçu l’Esprit Saint et annoncent l’évangile au péril de leur vie.

Pour Jean, tout va très vite « Il vit et il crut ». Pour les autres la conversion est plus lente mais elle est bien réelle. Nous pouvons ainsi nous reconnaître dans ces apôtres qui, s’ils ont connu le Christ, ont aussi eu du mal à le reconnaître ressuscité.

Reste que la réalité de la résurrection se vérifie sans conteste par la transformation qu’elle provoque en ceux qui ont été approchés par le Christ ressuscité. L’exemple de Paul n’est pas unique. Combien dans l’histoire de l’Eglise et autour de nous n’ont-ils pas un jour rencontré Jésus sur leur chemin de Damas et en ont été profondément transformés ?

Comment de telles vies auraient pu être transformées à ce point sans la vérité de la résurrection ?

Mais revenons à Marthe et laissons-nous toucher par sa grande et toute simple foi. En effet, le passage de l’évangile de Jean cité plus haut se situe à la mort de Lazare, donc avant la résurrection de Lazare et avant la résurrection de Jésus.

Quand Jésus lui demande « Crois-tu cela ? », Marthe lui répond pourtant sans hésiter « Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, je crois que tu es le fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde ». Elle fait confiance à son cœur qui est brulant au contact de Jésus et de sa parole.

Sur les pas de Marthe et des Apôtres, laissons le Seigneur et l’Esprit Saint venir saisir notre cœur, fortifier notre foi et transformer nos vies encore et toujours.

Acceptons ce temps permanent de conversion en regardant avec bienveillance et vérité ce qui fait notre foi et nos doutes.

Jésus ne se lasse pas de marcher à nos côtés chaque jour tandis que la question de sa mort et de sa résurrection nous travaille tels les disciples d’Emmaüs.

Grégory
 
 

Avril 2017

S’associer à la Passion du Christ pour vivre de l’Alliance Nouvelle !

 

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Le carême avance et nous allons rentrer dans la Grande Semaine où l’Eglise nous fait revivre le mystère du salut. Elle s’ouvre par la fête des Rameaux qui nous y introduit de manière intense. Nous y célébrons à la fois l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et très vite après, nous revivons le récit de sa passion jusqu’à sa mort.

Cet homme acclamé par une foule un peu désorientée et très vite après, il est condamné par les mêmes. Cet homme nous pouvons nous reconnaître en lui car il a pris sur lui nos blessures. En écoutant la Passion, nous voyons comme dans un miroir toutes les souffrances de l’humanité mais pas comme nous les voyons à la télévision. L’écran nous relate les souffrances du monde mais il laisse l’homme dans sa solitude.

Quand nous regardons le Christ, nous ne voyons pas dans la solitude un miroir froid qui nous renvoie notre propre souffrance. Nous savons que ce miroir est fait de compassion vivante et d’amour : le Christ a pris sur lui ce que nous ne pouvons pas supporter : l’injustice, le mal absurde, la mort, la lâcheté, la désespérance, les situations inextricables, le non-sens...

J’y pensais cette semaine en province, aux obsèques de ce jeune père de famille de 38 ans, très engagé dans la foi, père de deux enfants, qui a cédé à la désespérance en raison de déboires professionnels et d’un équilibre psychologique fragile, il a mis fin à ses jours, laissant toute sa famille dans un désarroi infini, ancrée dans une espérance invincible.

En Jésus, nous découvrons toute notre souffrance et tout notre malheur puisqu’il nous prend tels que nous sommes. Et devant Lui, nous savons que Dieu pardonne à tous, qu’il nous aime tous quoique nous ayons pu faire. Dans le Christ, nous voyons notre propre visage porté par l’amour vivant de Dieu qui s’enfouit dans l’humanité.

Et la petite fille de ce père de famille avait envoyé juste avant un mot au prêtre, lui-même, un peu découragé : « Courage Dieu est là ! » et le prêtre s’en est resservi pour l’homélie des obsèques, pour réconforter cette famille dans la miséricorde du Christ.

Claudel disait : « Dieu n’est pas venu ni supprimer ni expliquer la souffrance des hommes, mais la remplir de sa présence ».

C’est ainsi que nous devons rentrer dans la grande semaine, même si la passion nous fait peur. Nous y rentrons non par habitude ou par intérêt : mais nous y rentrons parce que Dieu nous y conduit et nous y attend.

Quand Simon de Cyrène a été réquisitionné pour porter la Croix du Christ, il a été réquisitionné par la force publique sans savoir ce qui se passait. Il ne l’a pas cherché et il a pourtant porté la croix de Jésus. Il en va de même pour nous : peut-être que nous ne savons pas que Dieu nous invite à vivre cette grande semaine, mais nous y entrons parce qu’il nous y attend, parce qu’il veut que nous vivions du mystère de la croix qui est le sommet de l’amour.

Dieu veut que nous contemplions Jésus en qui nous voyons notre propre souffrance portée par amour et même si c’est pour nous difficile, Dieu veut que nous acceptions de prendre sur nous sa souffrance et sa passion, pour pouvoir être avec le Christ, ses enfants, dans la joie de la résurrection. Ainsi, consentons à entrer dans la passion du Christ pour faire avec lui ce qu’il a fait pour nous, c'est-à-dire pour porter en ce monde le signe de la compassion de Dieu, de l’amour de Dieu pour la totalité des hommes.

Souvenons-nous de ces phrases qu’il nous dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé » et « veillez et priez avec moi, si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il marche à ma suite ! » Et devant cette exigence, nous sommes souvent sans parole nous voudrions dire : « Seigneur je ne peux pas », et nous nous rendons compte tout en même temps que nous le trahissons.

La seule réponse c’est de nous en remettre à Lui, à sa puissance et à son amour puisqu’il veut que nous soyons pardonnés pour être le signe de son pardon. Il nous associe à sa passion pour que nous parvenions avec lui dans la plénitude de la joie de la résurrection, pour que nous puissions rayonner l’Alliance Nouvelle.

« Alors courage, Dieu est là ! »

Belle grande semaine à tous !

Gabriel
Texte inspiré pour partie d’une
homélie du cardinal Lustiger
 

Mars 2017

Aujourd’hui Seigneur, je veux revenir à toi de tout mon cœur

 

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Si le carême est un passage à travers le désert, alors Seigneur, il me semble que je n’ai pas attendu la période du carême pour y pénétrer.

Sans l’avoir sciemment cherché, je t’ai perdu au milieu de la folie bruyante de mes activités. Je m’y suis épuisé et saoulé à perdre la santé.

Que m’est-il donc arrivé, qu’est devenu notre solide cœur à cœur Seigneur ?

En te croyant bien arrimé à ma vie, j’ai cru ne plus avoir besoin de te regarder pour avancer.

Rassuré par ta fidélité, je t’ai lâché la main et me suis détourné.

Je me suis vu si fort à pouvoir faire et faire encore, que je n’ai pas ménagé mes efforts.

J’ai pensé alors que tu me suivais en oubliant qu’avant, c’est moi qui cherchais à te suivre.

Au milieu de la difficulté, quand je ne m’en sortais plus, j’ai même osé te demander pourquoi je souffrais, aveugle que j’étais.

Toi, silencieux, tu n’as rien dit et j’ai pensé que tu étais parti.

Alors au milieu de mon désert, j’ai crié, je t’ai dit que je voulais retrouver ce bonheur qu’un jour tu m’avais fait gouter.

Au matin, dans ma prière d’enfant perdu, par une parole, j’ai pu t’entendre m’encourager avec tendresse et me dire que tu m’aimais depuis toujours et à jamais.

Alors j’ai pu me retourner et ouvrir les yeux.

Face à toi, j’ai enfin pu être regardé sans vouloir me crucifier moi-même.

Puis quand mon cœur a de nouveau débordé de joie, j’ai compris que tu n’étais pas lassé de moi.

Seigneur, le pauvre que je suis n’a pas grand-chose à t’offrir en échange de tant de bonté que ses bras ouverts et ses genoux à terre.

Me voici simplement prêt à te recevoir, Toi ma lumière et mon Salut !

Grégory
 
 

Février 2017

Avoir plus ou être plus

 

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Nous avions à méditer ce dimanche sur l’Evangile des Béatitudes qui est le premier enseignement de Jésus, le commencement de sa vie publique. Il gravit la montagne et il veut nous montrer qu’il est rempli d’un amour plus grand que lui, qui est à la fois, son dynamisme, sa force, sa paix et sa joie. Il est cet amour du Père qu’il veut nous livrer, nous donner et il ne peut pas à cette heure nous donner que ce message de bonheur qui l’habite pleinement.

Le bonheur qu’il nous propose est à l’opposé de l’idée que nous nous faisons du bonheur. Pour nous le bonheur consiste souvent, reconnaissons-le, en une recherche exclusive d’accumulations de biens matériels : quoi de plus confortable qu’un compte en banque bien fourni, une garde robe renouvelée, la possibilité de voyages fréquents, la fréquentation de restaurants branchés…
Autant d’activités qui ne sont pas forcément mauvaises en soi, mais qui lorsqu’elles sont pratiquées de manière effrénée ne servent souvent qu’à dissimuler la profondeur du vide qui nous habite.

Un exemple particulier va nous monter comment le message des Béatitudes peut orienter toute une vie :

Un ami centralien et son épouse que nous appellerons Raphaël et Delphine, parents de trois enfants choisissent de répondre à l’appel qui leur est adressé par le Seigneur : ils quittent des situations intéressantes et rémunératrices pour entrer dans la communauté des Béatitudes.

A ceux qui s’en étonnent Raphaël répond : « Plus tôt que d’avoir plus, nous avons choisi d’être plus ! »

Etre plus c’était pour eux consentir à vivre leur baptême en répondant de cette manière sans doute plus exclusive, à l’alliance d’amour de Dieu sur leur vie. Ils ont bien conscience que le Royaume à construire est déjà parmi nous.

Raphaël et Delphine ont à cœur de répondre à ces propositions de bonheur que le Christ nous soumet dans l’Evangile des Béatitudes. Ces propositions nous permettent de recevoir cette joie que nous n’avons pas en raison de nos mérites mais qui fait partie de la vie même de Dieu.

Raphaël et Delphine avaient entendu particulièrement cette Béatitude qui reprend toutes les autres : « Heureux les pauvres de cœur : le royaume des cieux est à eux »

André Chouraqui dans sa traduction de la Bible dit que ces différents « Heureux » sont comme un compliment. Il les traduit par : « En Marche ». Ils signifient : « Bravo ! si tu vis comme cela, tu es bien parti dans ta marche vers le Royaume »

Raphael et Delphine avaient trouvé le sens de leur vie : contribuer à faire advenir le Royaume au jour le jour en vivant au jour le jour de la parole, de l’Eucharistie et d’un nouveau service pour leurs frères
Leurs trois enfants sont aujourd’hui engagés dans la vie. Parents à leur tour, ils mènent leur propre vie.
Il y a quinze ans, Delphine est retournée vers son Seigneur et Raphaël poursuit sa vie dans cette communauté où il est devenu prêtre, tout en restant très proche de ses enfants.

Sa mission notamment est principalement d’accompagner des couples en difficulté, voire divorcés, pour les aider à se resituer sur ce chemin de bonheur qui transforme toute vie.

Trouvons nous aussi notre manière d’être plus au service du Royaume !

Gabriel
 
 

Janvier 2017

Porteurs du Christ en 2017

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(Messe de Noël à Alep)

 

Malgré une première nuit meurtrière en Turquie, ne doutons pas que l’année 2017 verra le bien, le bon et le beau se manifester.

Au cours de cette année qui porte des rendez-vous importants, que nos yeux n’oublient pas de contempler et nos cœurs de rendre grâce car de belles choses à vivre vont nous être proposées.

Dans les moments de doute que nous traverserons peut-être, nous sommes invités à ancrer dans nos cœurs la certitude que le mal ne peut pas gagner, que par la résurrection de Jésus, la Vie est toujours là, naissante, renaissante, même au milieu de la désolation, même sur un lit d’hôpital, même au bout de la croix. Telle est notre foi.

C’est ainsi qu’après les bombes, le saccage, les déportations et la mort, les chrétiens d’Alep ont tout de même désiré et réussi à célébrer la messe de Noël dans leur église dévastée. Une première depuis cinq ans et ce fut au milieu des gravats. Qu’ils soient restés ou revenus, tous ont beaucoup souffert et presque tout perdu sans totalement perdre espoir.

Et si ces cœurs vaillants d’Alep ont résisté et croient encore que l’avenir reste ouvert, nous ne pouvons pas faire moins, nous, dont les cités restent débout et où la sécurité est assurée.

Parce que les bons soldats que nous sommes pour le Royaume sont souvent mis hors de combat par les sentiments de résignation ou de découragement, il nous faudra probablement lutter pour conserver sur nos vies et ce monde le regard de Dieu, fait d’espérance, de bienveillance et d’encouragement. C’est là un vrai combat spirituel à ne pas sous-estimer, il peut être quotidien.

Et se battre du côté de Dieu, du côté de l’espérance et de l’amour en 2017, loin des zones de combats dévastatrices, ce n’est pas vain ou une simple posture bien pensante. C’est d’abord vouloir vivre à fond notre propre vie, là où nous sommes, de manière déployée et au service de nos frères.

Mais c’est aussi prier parce que la prière de millions de personnes est une arme puissante pour transformer le monde nous rappelle sans cesse notre Pape.

En priant sur nos chemins avec force, fidélité et foi pour ce monde et notre pays, mettons-nous aussi à l’écoute de ce que le Seigneur veut nous dire, à l’écoute de ses appels individuels et collectifs.

Comme les disciples d’Emmaüs dit le Pape, «le chrétien ne porte pas seul l’engagement de la mission». «Dans les fatigues», il fait l’expérience que «Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui» et est «vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire».

Il nous rappelle que la mission chrétienne n’est pas «une pure utopie irréalisable» ou «une réalité qui dépasse nos forces». Pour notre Pape «Chaque ‘’disciple missionnaire”, est un ‘’christophe”, c’est-à-dire ‘’quelqu’un qui porte le Christ” à ses frères».

En cette année 2017 au milieu des nombreux défis à affronter, essayons tout simplement d’être des «christophe», des «porte Christ» ambulants et enthousiastes qui révèlent à tous et partout le Royaume de Dieu pour que le monde ne se réduise pas au spectacle de l’affrontement des puissants qui s’avancent.

Grégory